The Autumnlands, Kurt Busiek

Et voici un nouveau coup de coeur BD !

En déménageant, j’ai retrouvé un bon vieux bouquin qui traînait oublié dans un coin : The Autumnlands, de Kurt Busiek. Voilà en gros l’histoire : les premières pages nous montrent une citadelle volante au look clairement fantasy, peuplé

uniquement d’animaux antropomorphiques (ou, du moins, bipèdes, car l’homme ne semble pas exister dans cette réalité). Cette cité, nous le comprenons très vite, ne fonctionne pas grâce à la technologie, mais bel et bien grâce à la magie. Ici, pas de métal ni d’électricité, mais de la pierre, un mobilier en bois et cordages, des feux follets comme lampadaires et des gemmes comme sources d’énergie.

Tout cela, nous le découvrons via les yeux du principal protagoniste, Dusty, un jeune chien fils d’un illustre marchand, qui a gagné le droit d’accompagner son père dans une négociation commerciale. Or, c’est là que l’on sent qu’il y a un os dans le potage : en effet, cette société semble divisée en deux groupes, tout d’abord ceux qui vivent au-dessus du sol dans leurs cités flottantes, et d’autre part ceux qui restent au sol afin de fournir nourriture et matières premières aux tribus du ciel. Ce deuxième groupe ne peut pas utiliser de magie et se trouve donc entièrement soumis au premier, qui lui concède de petites quantités de gemmes. Et gare à celui qui tente de faire valoir ses droits ou de critiquer la maigreur de la paie, car les tribus supérieures n’hésitent pas à user de leur magie pour imposer leur volonté.

Mais ce n’est pas le plus gros problème des cités volantes. Oui, ils vivent dans des tours d’ivoire coupées du reste du monde. Oui, ils sont injustes et despotiques vis-à-vis des autres peuples. Pour eux, il n’y a rien à changer et la vie est toute simple, donc pourquoi se remettre en question ?

Seulement voilà : la magie disparaît.

Les plus grands savants se sont penchés sur cette diminution graduelle, mais aucun ne semble entrevoir de solution. Excepté une seule : il y a très longtemps, la prophétie raconte que la magie connût une semblable défaillance, mais qu’un être quasi-divin, le Champion, vint rétablir la situation. Or, comment pour obtenir un nouveau grand champion ? Très simple, on l’invoque.

Et c’est là que tout part en vrille : le sort, trop puissant, draine la quasi-totalité de la magie qui permet à la ville de voler. Privée de sa source d’énergie, la citadelle descend brusquement et s’écrase à terre, entraînant tous les habitants avec elle. Ils sont désormais au niveau de sol, à la merci des terribles tribus qu’ils exploitent depuis toujours, seuls face à une nature hostile à laquelle rien ne les a jamais préparés.

Seuls ? Non, pas tout à fait, car l’invocation a réussi contre toute attente. Et cette créature, ce Champion invincible dont tout le monde questionnait l’identité (serait-il un chat, un oiseau, un ours ? ) s’avère être, à la stupeur de tous, le premier être humain que cet univers ait jamais vu.

A partir de là commence une aventure à travers ces inquiétantes terres peuplées d’animaux intelligents mais aussi de monstres, d’aberrations évolutives, de magie maléfique, d’androïdes et de divinités capricieuses. Une aventure vécue comme une fable par le jeune Dusty (c’est d’ailleurs l’impression qu’en retire le Champion, issu d’une époque relativement proche de la nôtre, quand il évoque la sensation d’être bloqué dans Narnia), mais qui semble néanmoins se dérouler dans un monde probablement terraformé, dans un futur lointain, où la magie noire ressemble plus aux séquelles d’une irradiation massive.

Une oeuvre très sympa où le dessin compte pour beaucoup : les personnages antropomorphiques sont très bien réalisés, avec un bon équilibre entre leur nature bestiale (quand on regarde bâiller un tigre bipède, on voir bâiller un tigre, pas un humain avec un museau) et leur capacité à transmettre leurs émotions via leur visage et leurs postures (même si beaucoup d’informations passent par le mouvement des mains et du corps plus que par les traits faciaux). La série n’en est encore qu’au tome 2 (en TPB) et j’attends impatiemment la suite.

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